dimanche 10 avril 2011

Justice injuste ...!



-          Jeudi 24 Février 2011, Tanger, cours d’appel : 10 ans de prison ferme contre 4 accusés d’actes de vandalisme suite aux manifestations du 20 Février !
-          Mardi 01 Mars 2011, Fès, cours de première instance : 3 à 4 ans de prison ferme et 1 000 Dh d’amende à l’encontre de 5 accusés d’actes de vandalisme suite aux manifestations du 20 Février !
-          Mardi 29 Mars 2011, Marrakech, cours d’appel : 4 à 8 ans de prison ferme contre 19 accusés d’actes de vandalisme suite aux manifestations du 20 Février !
-          Jeudi 07 Avril 2011, Larache, cours d’appel (Tanger) : 10 ans de prison ferme à l’encontre de 21 accusés d’actes de vandalisme suite aux manifestations du 20 Février !

C’est avec une grande amertume qu’on lit dans une multitude de journaux et de sites de web-presse les différents verdicts prononcés contre les pseudo-vandales des manifestations du 20 Février. Les différents tribunaux concernés ont mis moins de 2 mois pour se prononcer dans des affaires très ambiguës. Ce ne sont pas uniquement les lourdes peines qui intriguent l’opinion publique, mais aussi la réactivité suspicieuse d’une machine judiciaire normalement trop lente et assez rouillée pour mettre des années avant d’émettre le moindre jugement dans une affaire où toutes les preuves sont réunies.

Ça sent inéluctablement le sale coup, visant ainsi à salir l’image du mouvement qui a fait trembler le trône jusqu’ici stable depuis les coups d’état avortés des années 1970 et des manifestations des années de plomb.

Beaucoup de questions traversent l’esprit de chaque marocain qui décide de prendre une petite minute de son temps pour se les poser. Des questions très simples auxquelles il ne trouvera probablement aucune réponse convaincante.

Pourquoi les grands voleurs ne sont jamais pris ? Pourquoi les grands fraudeurs sont chaleureusement applaudis ? Selon quelle logique voler un œuf serait-il plus grave que de voler un bœuf ? Pourquoi le patronat, les groupes économiques, les riches, les personnalités politiques, les grandes familles et les forces de l’ordre ont plus de droits que le marocain simple ?

Pourquoi Notre YIN domine-t-il notre YANG ?

Pourquoi pour une même affaire, celle des employés de la grande grossisterie de médicament casablancaise « SOPHACA » qui traine aux tribunaux depuis presque 2 longues années – les 56 employés licenciés abusivement preuve en main et dont l’affaire a été confiée à trois juges - ; trois juge de première instance ont donné trois verdicts différents. Comme s’ils n’avaient pas le même référentiel (il y avait un jugement en faveur des employés, un deuxième en faveur de l’employeur et un troisième carrément  rejeté !) ?!

Pourquoi des jeunes rockeurs ont été condamnés pour avoir écouté et jouer du rock ?!

Pourquoi ceux qu’on qualifie d’islamistes (sachant que dans un état qui se proclame musulman il ne devrait pas y avoir de pareilles appellations sauf s’il accepte de reconnaître sa laïcité mal camouflée) sont détenus depuis des années sans aucun vrai chef d’accusation ?!

Pourquoi des journalistes ont été jetés en prison ou interdit de pratiquer leur métier juste pour avoir exprimé ce qu’ils pensaient ou ce qu’ils avaient vu en toute sincérité sans essayer d’être politiquement correcte pour plaire au « makhzen » ?!

Pourquoi le fait de violer une femme est moins grave que de lui arracher son sac a main ?!

Pourrais-je avoir une seule réponse capable d’assouvir ma curiosité ?! Je suis sûr que non … !

C’est avec un immense dépit que je me retrouve incapable de donner le moindre élément de réponse à toutes ces questions, je vous laisse alors le soin d’y réfléchir et de m’aider en tant que simple marocain se sentant dépassé par toutes cette JUSTICE INJUSTE à comprendre ce qui se passe autour de moi … !

Amine MORCHID © 2011

dimanche 27 mars 2011

Mon Maroc étouffé ...!


‘‘It's not that some people have willpower and some don't. It's that some people are ready to change and others are not’’.
‘‘Ce n'est pas que certaines personnes ont la volonté et d'autres pas. C'est que certaines personnes sont prêtes à changer et d'autres non’’.
James Gordon, M.D.

Effectivement, tel est le cas de la majorité du peuple marocain ! Un peuple qui a assez souffert de l’emprise du « makhzen » mais qui semble s’être acclimaté vu la réticence inimaginable vis-à-vis du changement que veulent apporter certains courageux qui ont osé briser les chaines d’un silence qui a trop persisté.

Des années d’endoctrinement  bien réussies grâce à un discours fataliste inculqué aux jeunes esprits incapables d’analyser dans ce qu’on appelait  «التربية الوطنية» ou maladroitement traduit en « l’éducation nationale », afin de croire à des réalités irréelles et s’attacher à des idéaux qui nous sont inconnus.
Dans ce fameux manuel prosélyte on nous parlait de démocratie, on en rêvait, on y croyait ! On croyait en une démocratie où ‘‘La personne du Roi est inviolable et sacrée’’ (Article 23, La constitution marocaine), certains disent que c’est illogique mais notre cher peuple se défend, c’est son droit légitime puisque les autres nations sont jalouses de notre modèle démocratique très réussi. Je les déplore, mais leur envie est justifiée car ils n’ont pas et n’auront jamais un ‘‘ [le] Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l'Etat, veille au respect de l'Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités. Il garantit l'indépendance de la Nation et l'intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques.’’ (Article 19, La constitution marocaine).

Estimons-nous heureux car nous avons le modèle démocratique le plus complet, avec 37 partis politiques pour 30 millions de citoyens, dépassant ainsi de très loin les grandes dictatures telles que les « Etats-Unis d’Amérique » qui ne disposent que de deux partis pour 300 millions de citoyens. Nous sommes tellement démocratiques que si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord sur quelle boisson doit-on servir durant nos réunions de parti (thé à la menthe ou café)  nous avons le droit de subdiviser le parti en deux, et lui donner par exemple le nom de ‘‘Parti de l’istiqlal au café’’  et ‘‘Parti de l’istiqlal au thé’’ …

Alors les sceptiques qui ne font que critiquer, y a-t-il plus libéral que notre beau pays ?! Un pays de droits et de libertés où cohabitent « wekkaline ramdane », « satanistes »,  «salafistes » et « mkhaznistes » (non je ne fais aucune allusion aux prisons marocaines … c’est juste une coïncidence que nos villes et nos prisons se ressemblent tant).
Notre pays est si libéral qu’on peut agresser un médecin à l’arme blanche, insulter des « faucons » et s’en tirer dans une voiture du gouvernement car papa est ministre de la communication.
Notre peuple est d’une compassion immense, le criminel aide le juge à se tirer de ses crises financières et en guise de remerciement il bénéficie d’une réduction de sa peine d’emprisonnement … !
Notre makhzen et si paternaliste qu’il nous protège des dérapages de certains journalistes qui racontent du n’importe quoi et veulent salir l’image de notre patrie, les jettent dans des neo-tazmamart et abolit leur magazine blasphématoire.

C’est incompréhensible, toute cette satisfaction populaire de ce qui est advenu du Maroc !
Comment parvenons-nous à croire que notre pays est en expansion alors que nos systèmes éducatifs sont de plus en plus ridicules. Quand on enseigne à nos petits les alphabets de la langue française à l’âge de 10ans, un âge où leurs cerveaux commencent déjà à se fossiliser et être saturer par des pseudo-stars d’émissions débiles que nous leur présentons (dans l’absolu ce n’est pas si grave sauf quand on se rappelle que s’ils ne maîtrisent pas au moins cette deuxièmes langues leurs chances d’accéder au marché du travail sont réduites à néant), un système initier par un certain ministre dont les enfants ont fait leurs études dans des établissements français.
Comment osons-nous parler d’évolution alors qu’on présente des séries importées d’outre-mer et traduites en dialecte local  à nos femmes au foyer et à nos petits enfants qui croient dans leur subconscient que ces acteurs sont marocains et que tous ce qu’ils regardent est tiré de notre vécu.

J’ai peur de croire des fois que nous sommes un cas désespéré, que nous sommes un peuple indigne, que nous nous soulevons tels des troupeaux de moutons qui ne vont que là où le berger les guide !

L’autocensure est ce qu’il y a de mieux pour détruire un peuple, et nous sommes excellents en ce qui est de s’auto-dissuader de penser librement. Arrêtons de défendre cette liberté d’expression qui ne rime à rien si nos esprits sont enchainés,  arrêtons d’essayer de nous convaincre que telle où telle personne fait de son mieux alors que nous savons dores et déjà que ce n’est pas le cas. Arrêtons de nous comparer à des peuples qui sont dans une merde beaucoup plus grosse que la notre, car les faits historiques (non pas les versions qu’on nous raconte où tout était beau, mais les vrais faits) attestent que nous valons bien plus qu’une simple part de marché pour un holding qui détient le monopole des secteurs vitaux de cette terre si riche et dont le peuple et si pauvre.
Il ne faut pas être un mathématicien pour résoudre cette équation : (phosphate+poisson)/30 millions = un marocain qui vit dignement, sachant qu’il y a différentes méthodes de distribuer ces richesses à parts égales, directement  ou indirectement (par le biais d’investissement en écoles, universités, hôpitaux entre autres).

Je ne suis ni un séparatiste, ni un propagandiste, je ne fais parti d’aucun groupe de pensée ni d’aucun parti politique, ma patrie est ce Maroc libre que je souhaite voir, et mon appartenance est ce Maroc triste qui traine les pieds et qui ne veut toujours pas comprendre qu’il faut s’activer pendant que le train de la révolution est toujours là à attendre ses passagers.

Amine MORCHID © 2011