‘‘It's not that some people have willpower and some don't. It's that some people are ready to change and others are not’’.
‘‘Ce n'est pas que certaines personnes ont la volonté et d'autres pas. C'est que certaines personnes sont prêtes à changer et d'autres non’’.
James Gordon, M.D.
Effectivement, tel est le cas de la majorité du peuple marocain ! Un peuple qui a assez souffert de l’emprise du « makhzen » mais qui semble s’être acclimaté vu la réticence inimaginable vis-à-vis du changement que veulent apporter certains courageux qui ont osé briser les chaines d’un silence qui a trop persisté.
Des années d’endoctrinement bien réussies grâce à un discours fataliste inculqué aux jeunes esprits incapables d’analyser dans ce qu’on appelait «التربية الوطنية» ou maladroitement traduit en « l’éducation nationale », afin de croire à des réalités irréelles et s’attacher à des idéaux qui nous sont inconnus.
Dans ce fameux manuel prosélyte on nous parlait de démocratie, on en rêvait, on y croyait ! On croyait en une démocratie où ‘‘La personne du Roi est inviolable et sacrée’’ (Article 23, La constitution marocaine), certains disent que c’est illogique mais notre cher peuple se défend, c’est son droit légitime puisque les autres nations sont jalouses de notre modèle démocratique très réussi. Je les déplore, mais leur envie est justifiée car ils n’ont pas et n’auront jamais un ‘‘ [le] Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l'Etat, veille au respect de l'Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités. Il garantit l'indépendance de la Nation et l'intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques.’’ (Article 19, La constitution marocaine).
Estimons-nous heureux car nous avons le modèle démocratique le plus complet, avec 37 partis politiques pour 30 millions de citoyens, dépassant ainsi de très loin les grandes dictatures telles que les « Etats-Unis d’Amérique » qui ne disposent que de deux partis pour 300 millions de citoyens. Nous sommes tellement démocratiques que si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord sur quelle boisson doit-on servir durant nos réunions de parti (thé à la menthe ou café) nous avons le droit de subdiviser le parti en deux, et lui donner par exemple le nom de ‘‘Parti de l’istiqlal au café’’ et ‘‘Parti de l’istiqlal au thé’’ …
Alors les sceptiques qui ne font que critiquer, y a-t-il plus libéral que notre beau pays ?! Un pays de droits et de libertés où cohabitent « wekkaline ramdane », « satanistes », «salafistes » et « mkhaznistes » (non je ne fais aucune allusion aux prisons marocaines … c’est juste une coïncidence que nos villes et nos prisons se ressemblent tant).
Notre pays est si libéral qu’on peut agresser un médecin à l’arme blanche, insulter des « faucons » et s’en tirer dans une voiture du gouvernement car papa est ministre de la communication.
Notre peuple est d’une compassion immense, le criminel aide le juge à se tirer de ses crises financières et en guise de remerciement il bénéficie d’une réduction de sa peine d’emprisonnement … !
Notre makhzen et si paternaliste qu’il nous protège des dérapages de certains journalistes qui racontent du n’importe quoi et veulent salir l’image de notre patrie, les jettent dans des neo-tazmamart et abolit leur magazine blasphématoire.
C’est incompréhensible, toute cette satisfaction populaire de ce qui est advenu du Maroc !
Comment parvenons-nous à croire que notre pays est en expansion alors que nos systèmes éducatifs sont de plus en plus ridicules. Quand on enseigne à nos petits les alphabets de la langue française à l’âge de 10ans, un âge où leurs cerveaux commencent déjà à se fossiliser et être saturer par des pseudo-stars d’émissions débiles que nous leur présentons (dans l’absolu ce n’est pas si grave sauf quand on se rappelle que s’ils ne maîtrisent pas au moins cette deuxièmes langues leurs chances d’accéder au marché du travail sont réduites à néant), un système initier par un certain ministre dont les enfants ont fait leurs études dans des établissements français.
Comment osons-nous parler d’évolution alors qu’on présente des séries importées d’outre-mer et traduites en dialecte local à nos femmes au foyer et à nos petits enfants qui croient dans leur subconscient que ces acteurs sont marocains et que tous ce qu’ils regardent est tiré de notre vécu.
J’ai peur de croire des fois que nous sommes un cas désespéré, que nous sommes un peuple indigne, que nous nous soulevons tels des troupeaux de moutons qui ne vont que là où le berger les guide !
L’autocensure est ce qu’il y a de mieux pour détruire un peuple, et nous sommes excellents en ce qui est de s’auto-dissuader de penser librement. Arrêtons de défendre cette liberté d’expression qui ne rime à rien si nos esprits sont enchainés, arrêtons d’essayer de nous convaincre que telle où telle personne fait de son mieux alors que nous savons dores et déjà que ce n’est pas le cas. Arrêtons de nous comparer à des peuples qui sont dans une merde beaucoup plus grosse que la notre, car les faits historiques (non pas les versions qu’on nous raconte où tout était beau, mais les vrais faits) attestent que nous valons bien plus qu’une simple part de marché pour un holding qui détient le monopole des secteurs vitaux de cette terre si riche et dont le peuple et si pauvre.
Il ne faut pas être un mathématicien pour résoudre cette équation : (phosphate+poisson)/30 millions = un marocain qui vit dignement, sachant qu’il y a différentes méthodes de distribuer ces richesses à parts égales, directement ou indirectement (par le biais d’investissement en écoles, universités, hôpitaux entre autres).
Je ne suis ni un séparatiste, ni un propagandiste, je ne fais parti d’aucun groupe de pensée ni d’aucun parti politique, ma patrie est ce Maroc libre que je souhaite voir, et mon appartenance est ce Maroc triste qui traine les pieds et qui ne veut toujours pas comprendre qu’il faut s’activer pendant que le train de la révolution est toujours là à attendre ses passagers.
Amine MORCHID © 2011